Le mot représentatif

Un mot, par nature, manifeste un sens pour désigner un objet, une abstraction ou une personne. Il a de nombreuses fonctions par rapport à sa situation dans la phrase.

Imaginons que vous êtes un mot dans la société. Et que chaque mot nouveau est une continuité de votre mot originel, votre identité du mot, votre nom et votre prénom. Dans votre livre infini, vous construisez ici-même un livre qui est votre incarnation présente. Tu manifestes un sens par tes actions et tes interactions avec les autres.

Le « vous » devient « tu » en français mais ne change pas en anglais.

La fonction du mot change donc selon son emplacement par rapport aux autres mots.

Le mot représente ce qu’il désigne mais il n’est qu’une manifestation infime de sa propre essence. Pourtant, le mot, dans sa continuité linéaire a une logique et une organisation unique, dans une langue et dans une autre. Comment appréhender une couleur ? Comment décrire une couleur que les autres ne peuvent pas pouvoir ?

Le mot est représentatif et par cela même, il s’intègre dans un Tout plus grand qu’il ne conçoit pas toujours.

Au théâtre, le mot est transmission, émission, application de sens, silence, multiple et un. Il s’étend, se métamorphose en permanence. Il n’est jamais le même.

Dans notre société, dite démocratique, le mot représentatif est censé imiter dans son sens et ses objectifs un pourcentage de bien d’autres mots très différents. Des mots qui ne peuvent pas toujours s’exprimer. Le politiquement correct est un ensemble de mots n’admettant que la convention de certains sens qui orientent la perception du monde du livre de la Terre. Il limite l’imagination, la création, la beauté, la solidarité, la bonté naturelle de l’être humain. Des mots expriment un sens insultant car ils n’ont plus d’arguments. Des mots s’enferment en permanence dans les étiquettes posés sur d’autres mots, sans se rendre compte qu’ils ont créent eux-mêmes ce qu’ils critiquent. Des mots qui s’opposent occupent le mot qui oublie de chercher son sens, qui en oublie de réfléchir.

Le mot représentatif s’englue dans les étiquettes. Il devient incapable d’effectuer sa fonction dans les phrases qu’il compose car il ignore au fond son véritable sens. Le labyrinthe des étiquettes, c’est le monde médiatique. Et le monde culturel dépend de nombreuses de ces phrases étriquées, fabriquées artificiellement pour essayer de faire passer des idées, libres ou conventionnelles, belles, rebelles ou sages, remettant en cause nos comportements de mots avec un ego qui oublie son sens, son existence. Le dérisoire illusoire devient la norme de la médiocrité intellectuelle. Le mot représentatif, finalement, n’est pas l’ombre de lui-même, ou son inverse, il est l’ombre de son ego et il perd ses repères dans un monde bouleversé d’idées préfabriquées. D’oppositions et de luttes de pouvoir sans cesse renouvelées.

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