L’emprisonnée

Je vis dans un labyrinthe, dans un monde de contraintes.

J’aimerais juste écrire, ne pas souffrir.

Je m’affirme, je me rebelle, je ne suis qu’elle : la guerrière oubliée et souillée par les années passées.

Je me rebiffe, assez des limitations extérieures, des erreurs, des mailles du filet numérique qui tombe dans une avalanche de briques.

La fabrication du consentement, le fait que la majorité écoutent « celui qui ment », l’homme de malice créant des supplices invisibles, des cassures relationnelles dans les familles de miel.

Heureusement, mes amis sont tels des pissenlits heureux, des libérés au cœur d’or, résonance des plus belles heures dans le tic-tac infernal des data, des nantis à papa, des chiffres à gogo, des gigolos qui vont au petit pot.

Et de mon côté, couler et remonter, respirer plus ou moins régulier, afin de me pas me noyer dans cette éternité du corps désiré par ceux dont l’obscurité des bas-fonds rongent les sangs dans les égouts de leurs dégoûts de sexe et de sang sans consentement, de la noirceur délabrée et fissurée, complètement démembrée, face à la clarté des sourires, des gens de l’aube et du crépuscule qui se rassemblent pour retrouver leur humanité oubliée par des décennies de propagande bien ficelée, ils se libèrent de leurs filets en enfilade.

L’emprisonnée, c’est moi, à part, aux pas hagards, parfois lève-tôt, parfois lève-tard.

Je ne suis pas le regard de mes parents qui me voient encore comme une enfant.

Je ne suis pas le regard de mes amis, qui me voient tantôt belle, tantôt jolie, soit polie ou battante, perdue parfois en Septante. Je suis bien plus qu’une errante au caractère rare, à la spontanéité d’un envol, d’un geste, d’un mot, entre tendresse et maladresse.

Ou bien l’érudit à lunette, incapable d’avancer sa propre charrette pour être dans l’action, incapable de rébellion et d’un besoin constant de protection.

Je ne suis pas le regard de la société qui veut m’enfermer en tant que jeune diplômée recherchant le secteur culturelle comme une vulgaire femelle, victime de ce système inégalitaire autant que totalitaire, complètement arbitraire, des annonces chevauchées, le pied à l’étrier pour continuer sur le chemin du travail, continuer sur le rails. Je ne suis pas un visage de la société qui défaille.

Je suis l’être fini dans le fini, je suis le frisson d’une caresse, le parfum d’un câlin, l’étreinte d’un instant d’éternité aux cœurs de bras aimés, je suis le regard qui observe et celui qui agit, je suis le sage et l’assagi, la folie des nuits cachée dans une danse en transe. Mes courbes sont celles d’un arc-en-ciel de soleil et de pluie, toutes les couleurs et unicité dans sa diversité. Personne ne peut m’attraper, m’abaisser, me rabaisser, m’encombrer de sombres pensées, de magies dérivées, complètement à côté de ce qu’est l’amour de la vie, la beauté des ratés. Je suis l’hésitation dans le point d’exclamation. Je suis le trait d’union dans l’interrogation.

Je suis au milieu d’un océan de tristesse dans un monde de rudesse qui sait montrer ses fesses, mais pas ses plus belles maladresses pour apprendre à avancer avec tendresse dans un monde des caresses.

Avancer en tant que passionnée des arts, dans le respect de mes valeurs, c’est ce qui me fait oublier les heures, aux côtés de mes humains préférés dans le monde entier, dans toute leur diversité.

Je suis enfin libérée des chaînes, des faux-semblants, des « c’était mieux avant ». Dans la dictature, le future ne semble qu’une rature. Il n’est qu’une égratignure dans un monde d’impostures.

J’ai confiance en l’humanité pour évoluer, malgré ses défauts soulignés. Je l’aime et l’ai toujours aimée malgré les faits indéniables qui font de mon passé un effroyable. Les entreprises sans emprises aux belles valeurs, aux belles idées, continuent de se développer et laissent leurs chances à tous, pour un monde plus éclairé qui retrouve son humanité. Sans demander au moins une année d’expérience quand tu sors des études, avec des stages et anciens emplois sur un CV, qui n’est en réalité qu’un cliché dans le mouvement que je suis, que j’incarne. Le potentiel d’un monde à renouveler avec plus de fierté et de volonté, animé par le cœur, pour continuer à avancer aux côtés d’êtres qui vont dans la même direction : celle des bastions de chansons.

Althea

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